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 LES STOMATODYNIES

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rosalio

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MessageSujet: LES STOMATODYNIES   Mar 15 Juin 2010 - 22:05

Les stomatodynies ou encore les glossodynies sont des " souffrances " ressenties dans la bouche ou au niveau de la langue, sans que ces termes n'en précisent la nature ou la cause. Depuis une vingtaine d'années, il semble que ces affections douloureuses soient de plus en plus fréquentes, ce qui embarrasse à l'évidence le praticien "classique" et traduisent une sorte de mal vivre. Durant de nombreuses années, on parlait essentiellement de glossodynies, car la localisation linguale est de loin la plus très fréquente. Mais d'autres localisations, comme la gencive, les lèvres, le palais, voire des dents (le plus souvent saines), justifient le terme plus générique de stomatodynies. On trouve quelquefois le terme de stomatopyrosis, mais ce mot n’exprime qu’une réalité limitée, la sensation de brûlure est certes très fréquente, mais elle n’est pas exclusive.

Le diagnostic de glossodynie sera évoqué lorsque plusieurs éléments sont réunis chez le même malade :

D'abord un contexte dépressif, plus ou moins important, parfois masqué par le comportement du patient, mais indubitable.
L'absence d'une cause locale expliquant la douleur : ce qui suppose que toutes les investigations habituelles ont été conduites convenablement.
Il s'agit donc d'une affection qu'il convient de classer logiquement parmi les maladies psycho-somatiques, même si l'expérience montre qu'il faut bien se garder de le dire aux malades. L'histoire de ces malades est à peu près la même. Le plus souvent, à la suite de soins dentaires banals, ou après une avulsion, ou encore après la pose d'une prothèse, ils ont ressenti une douleur localisée, d'abord épisodique, puis de plus en plus fréquente. Ils interprètent cette douleur comme une conséquence des derniers soins et consultent leur dentiste, qui reste perplexe par l'absence d'une lésion évidente, et qui souvent a le tort de minimiser ce problème en affirmant que "ça passera tout seul", "que c'est psychique". Et comme il faut bien prescrire quelque chose, on utilise successivement divers médicaments : bains de bouche, antalgiques, anti-inflammatoires, corticothérapie locale, etc... Or, comme il s'agit de malades dépressifs, facilement anxieux, donc "en attente d'une réponse", ils ressentent ces échecs thérapeutiques comme la certitude d'une maladie plus grave et consultent plusieurs praticiens. La répétition des échecs malgré la diversité des traitements renforce leur conviction et à la longue apparaît une véritable cancérophobie, elle-même net facteur d'aggravation.

Le "portrait-type" de ces malades correspond le plus souvent à des adultes d'âge mûr, ou à des vieillards, avec une plus grande fréquence chez les femmes, après leur ménopause. Tous ont en commun un contexte dépressif très net, expliqué par les avatars de la vie et notamment par un deuil récent du conjoint, ou d'un parent proche, ou des soucis financiers ou des difficultés professionnelles (chômage, retraite anticipée) ou familiales (veuvage, séparation...), etc... Le cas le plus fréquent est celui d'une femme d'âge mûr, veuve depuis quelques semaines ou quelques mois, qui se retrouve seule avec son chagrin, ses angoisses pour l'avenir, avec peur de la solitude, notamment lorsque le soir arrive.

La douleur est très variable d'un patient à un autre : sensation de brûlure très souvent, ou de cuisson (stomatopyrosis), de plaie à vif, ou de picotements, de fourmillements, de coupures, ou de gonflement, d'induration, de morsure. L'intensité est très difficile à apprécier : au début, la douleur est très discrète, mais sa persistance incite à la consultation. Ce n'est qu'ensuite, et surtout après les échecs thérapeutiques, que le patient somatise davantage, parvenant à une véritable fixation phobique et obsédante. L'horaire est très variable, mais il y a une véritable aggravation crépusculaire, surtout chez les personnes vivant seules, avec, et c'est un point important, disparition quasi-totale durant le sommeil, sauf exception, notamment chez des insomniaques. Les symptômes concomitants sont également très variables d'un sujet à un autre : sécheresse buccale ou hypersalivation, parfois apparition d'une salive épaisse, dysgueusies, larmoiement, moiteur des extrémités. Là se pose le problème du diagnostic différentiel avec un syndrome de Gougerot-Sjِgren, très fréquent chez les mêmes malades ou encore celui des hyposialies d'origine médicamenteuse (antidépresseurs, somnifères...).

La consultation homéopathique lors d'une stomatodynie :

La consultation dans ce cas précis n'est pas foncièrement différente de celle de toute autre affection. Mais le patient est différent dans la mesure où la dépression dominant, l'attente est plus exigeante. Ce patient, dans l'immense majorité des cas, a déjà consulté plusieurs praticiens et il a le sentiment "qu'on ne le comprend pas, qu'on ne l'écoute pas, qu'on le traite de fou ou de malade imaginaire". Le praticien homéopathe sait écouter, du moins en principe. D'ailleurs certains médisants attribuent les succès thérapeutiques de l'homéopathie justement à la qualité d'écoute. Comme si cela suffisait !!! Et pourquoi eux-mêmes n'écoutent-ils pas leurs patients ? Combien de fois entendons-nous, lorsque le patient exprime un signe curieux, négligé par les praticiens précédents : "Mais je l'ai dit au Docteur, il m'a dit que cela n'avait aucun intérêt!!".

Bien que les signes de dépression dominent, le chirurgien-dentiste doit bien se garder de les aborder en premier lieu. Il faut d'abord, et c'est très important, commencer à examiner la bouche, à la recherche d'une cause éventuelle mais réelle jusque-là non décelée. Puis il faut noter tout ce que ressent le malade, notamment les sensations, les signes originaux, les modalités, tout cet ensemble de symptômes ou de signes trop souvent négligés par les classiques, dans la mesure où leur connaissance ne guide pas la thérapeutique. Alors que les homéopathes savent combien ils sont précieux puisqu'ils caractérisent, et donc valorisent, l'individualisation du remède semblable. Ensuite, il reste nécessaire de rechercher les signes et symptômes généraux avec leurs modalités, dont climatiques. Enfin, après cette longue période, le patient a compris qu'enfin quelqu'un s'intéresse vraiment à leur cas. Ils sont alors en confiance et on peut alors aborder les signes psychiques et les raisons de leur dépression.

Le contexte psychique précédant la douleur est très important :
Voici deux cas schématisés, mais correspondant à la réalité.
Premier tableau :


Voici une femme d'une soixantaine d'années, veuve depuis deux ans = décès du conjoint d'un cancer. Avant ce deuil, cette femme présentait déjà quelques troubles divers : kyste de l'ovaire gauche, fibrome utérin, fissures et polypes anaux, troubles digestifs à type de ballonnement, de constipation chronique avec selles dures et sèches, etc... Tout cela traité normalement. Quelques semaines après le décès de son mari, elle a ressenti une vague douleur brûlante au niveau de la langue. D'abord au niveau d'une dent de sagesse enlevée deux ans plus tôt, puis à la pointe de la langue, avec une sensation que des papilles sont enflammées. Elle a consulté son dentiste, qui n'a rien trouvé de précis et lui a prescrit un bain de bouche antifongique, à tout hasard. Et puis cette douleur, vague au début, est devenue plus précise, revient souvent et cela l'inquiète, d'autant plus que tous les médicaments n'y ont rien changé. Et alors une idée s'insinue dans ses pensées, au point de devenir obsessionnel : et s'il s'agissait, comme pour son mari, d'un cancer qu'on ne peut encore diagnostiquer ? L'angoisse s'installe, le mal empire.

Pour un praticien homéopathe, il est évident que le remède est ici THUYA, dont plusieurs signes existaient déjà auparavant. Le deuil a été un élément étiologique supplémentaire à l'origine de la somatisation la plus récente. La persistance de la douleur, son aggravation même, les échecs thérapeutiques malgré la qualité des praticiens consultés, tout cela explique la cancérophobie et les idées fixes qui aggravent la dépression et l'angoisse. Dans ce cas précis, THUYA est LE remède semblable, sa matière médicale réunit tous les signes et symptômes de la malade, aussi sur le plan psychique, que général ou local. Il est prescrit seul, en moyenne dilution.

Deuxième tableau :

Encore une femme d'environ soixante ans, grande, mince, qui vient consulter pour une douleur brûlante au niveau de la langue, comme une plaie brûlante, avec sensation de sécheresse de la bouche malgré une salive abondante, gingivorragies au moindre contact, perte du goût des aliments, goût salé fréquent. Par ailleurs, cette femme est très sensible au froid, s'enrhume facilement par le moindre froid bien qu'elle ne supporte pas la chaleur confinée. On note une tendance à la sécheresse des muqueuses, notamment des lèvres qui sont fissurées, une constipation chronique sans besoins, avec des selles sèches. Elle se dit facilement fatiguée, notamment le matin vers 10 h. Plutôt triste, aimant et recherchant la solitude, ne désirant pas être dérangée lorsqu'elle est seule, irritable lorsqu'on cherche à la consoler. Les premières manifestations de la douleur remontent à environ deux ans, quelques semaines après qu'elle eut assisté à un accident de la route, qui l'a profondément choquée : sur le moment, sensation de défaillance, constriction de l'œsophage, palpitations, angoisse.

CONCLUSION

Les stomatodynies semblent de plus en plus fréquentes, sans doute en raison du mode de vie actuelle, surtout dans les villes. Il est aujourd'hui très fréquent de constater que de nombreuses personnes vivent seules, et il est facile de comprendre que cette solitude soit plus mal vécue par des personnes retraitées, notamment après un deuil, que chez des personnes encore en activité professionnelle. Le chirurgien-dentiste est mal préparé au maniement des anxiolytiques. Il se contente de médicaments d'action locale, sans effet thérapeutique satisfaisant, car inappropriés. Et par ailleurs, les psychotropes, qui peuvent se montrer actifs, ne sont pas dénués d'effets secondaires au niveau de la bouche. D'où la préférence actuelle des auteurs classiques pour la psychothérapie.

L'homéopathie propose une solution alternative, souvent efficace, en tous cas dénuée d'effets secondaires et d’accoutumance. Mais il n'est pas toujours facile de retrouver avec certitude le remède correspondant, surtout chez des patients qui ne se livrent pas facilement. Il reste l'action psychologique indirecte que constitue la qualité d'écoute unanimement reconnue aux homéopathes. Elle ne suffit pas, car rien ne compense la résolution de l'équation de la similitude.

Copyright ©️ Christian Garcia 2006.

Dossier d'Odonto-Stomatologie Homéopathique.

L'Homéopathie Bucco-Dentaire.


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MessageSujet: Douleurs orofaciales Chroniques   Sam 19 Juin 2010 - 17:08

HOLISTIQUE : Douleurs orofaciales Chroniques : facteur "Stress" ou facteur PSY ?
Posté par dentisfuturis

Il existe, à l'évidence, une plus grande prévalence des syndromes douloureux chroniques oro-faciaux chez les personnes dites "stressées" et cela est désormais bien documenté dans la littérature.
Concernant les douleurs des muscles masticateurs, Carlsson en 1993 (1) explore les différences physiologiques et psychologiques entre des patients présentant des douleurs des muscles masticatoires et des groupes contrôles normalisés (âge et sexe). Les sujets passent un certain nombre de tests psychologiques standards. Ils subissent ensuite une évaluation du "profil de stress" en laboratoire pour obtenir des mesures physiologiques (EMG, Fréquence cardiaque, TA systolique et diastolique) sous conditions de repos, de contrainte mentale et de relaxation. Les patients douloureux rapportent une plus grande anxiété, en particulier quant aux symptômes cognitifs, et des impressions de tensions musculaires incontrôlables. Sous contraintes, les patients douloureux présentent des fréquences cardiaques et de TA systoliques plus élévées que les groupes témoins. L'activité EMG de la région massétérine ne présente pas de différence significative entre les deux groupes. Les résultats sont discutés selon les mécanismes vraisemblables qui pourraient rendre compte des différences objectivées entre les patients douloureux à la mastication et les sujets normaux.


Concernant les stomatodynies et les algies faciales (2), selon "l’opinion publique médicale” les facteurs de risques psychologiques sont dominants et les douleurs chroniques sont alors considérés comme des troubles psychiatriques. Ces avis apparaissent aujourd’hui fondés sur des études de cas ou sur des travaux discutables (Gruber et al., 1996 ; Lascelles, 1966 ; Sharav, 1989 ; Rees, Harris, 1979). Les résultats positifs obtenus avec des psychotropes, comme les antidépresseurs tricycliques, ont été utilisés comme des arguments en faveur d’une origine psychogène (Gorsky et al., 1991 ; Lascelles, 1966) alors que l’activité antalgique de ces antidépresseurs est 7 largement indépendante de leur activité antidépressive (Eschalier, 1990 ; Magni, 1991 ; Onghena, Van Houdenhove, 1992), et que ces traitements sont également efficaces chez des patients non déprimés (Gruber et al., 1996 ; Harris, 1996).
Dans les Algies faciale la présence de signes psychologiques associés est rapportée par tous les auteurs. Les discussions concernent le type de dysfonctionnement en cause : la dépression, l’anxiété, la cancérophobie, le stress intense, la présence d’un événement familial ou professionnel déstabilisant dans les 6 mois ayant précédé l’apparition des symptômes, sont souvent cités (Feinmann et al., 1984; Harris, 1996; Feinmann, 1996; Pfaffenrath et al., 1993; Feinmann,Harris, 1984b), mais l’existence d’un lien causal entre ces facteurs et la maladie algique est très discutée (Feinmann, 1996; Wu et al., 1998).
Dans la prise en charge, des techniques spécifiques, cognitivo comportementales, relaxation, hypnose,psychothérapie ou diverses formes de physicothérapie ont été préconisées (Bergdahl et al., 1995; Feinmann, 1996).
Dans les stomatodynies les désordres psychiques sont également rencontrés, parmi lesquels la dépression, l’anxiété, la cancérophobie sont les plus fréquemment citées (5) constatent l’existence de deux groupes d’égale importance dans leur échantillon de patients atteints de stomatodynie : l’un présente plus de symptômes d’anxiété, de dépression,
d’obsession, de somatisation et d’hostilité que le groupe témoin ; l’autre, au contraire, ne s’en distingue pas. Ceci indique que l’anxiété et la dépression sont fréquentes, mais sont loin d’être présentes dans tous les cas
Le rôle longtemps mis en avant des événements de vie dans le déclenchement de douleurs “ psychogènes ” orofaciales (Feinmann, 1996 ; Feinmann et al., 1984 ; Hammaren M., Hugoson, 1989 ; Pfaffenrath et al., 1993 ; Violon, 1980) a été clairement réfuté par l’introduction d’un groupe témoin dans le protocole des études (Eli et al., 1994 ; Marbach et al., 1988). Il a également été suggéré qu’un profil de personnalité particulier pouvait constituer un facteur de risque des douleurs orofaciales. Il existe actuellement un consensus pour considérer qu’une telle personnalité à risque n’existe pas (Graff-Radford, Solberg, 1993 ; Feinmann, 1996 ; Graff-Radford, Solberg, 1991 ; Gamsa, 1994 ; Smith et al., 1969 ; De Kanter et al., 1993). Néanmoins, des valeurs élevées sur les échelles psychométriques sont retrouvées chez nombre de patients atteints d’algies oro-faciales idiopathiques (Marbach, 1993a). Ainsi il est bien établi qu’il existe une co-morbidité entre stomatodynie d’une part et anxiété et dépression d’autre part (4). Une telle corrélation existe aussi probablement pour les algies faciales atypiques et les dysfonctionnements de l’appareil manducateur (Feinmann et al., 1984 ; Smith et al., 1969 ; Derbyshire et al., 1994 ; Gerke et al., 1992 ; De Kanter et al., 1993) mais est beaucoup plus discutée en ce qui concerne les odontalgies atypiques (Graff-Radford, Solberg, 1993 ; Marbach, 1993a). Les patients qui souffrent d’ADAM de manière persistante présentent des altérations de l’humeur (de Leeuw et al., 1994 ; Marbach, 1992 ; Schulte et al., 1993 ; Parker et al., 1993) au contraire de ceux atteints d’ADAM non douloureux (Turk, Rudy, 1987). Les corrélations entre facteurs psychologiques et douleurs oro-faciales idiopathiques ne sont cependant pas présentes dans tous les cas. Plusieurs études ont montré que seule une souspopulation de patients douloureux oro-faciaux présentent des troubles psychologiques (Feinmann et al., 1984 ; Rojo et al., 1994 ; Browning et al., 1987 ; Zilli et al., 1989 ; Feinmann, Harris, 1984a). D’autre part, ces corrélations ne sont pas plus marquées que dans beaucoup d’autres douleurs chroniques (Schnurr et al., 1990). 8 Ainsi les troubles psychologiques pouraient être dans de nombreux cas, la conséquence et non la cause de la douleur (Gamsa, 1994). Dans ce contexte, des études longitudinales restent nécessaires pour révéler l’existence d’une relation causale entre facteurs psychologiques et algies oro-faciales idiopathiques. De telles études portant sur d’importantes cohortes de patients présentant des dysfonctionnements de l’appareil manducateur ont montré que les échelles de dépression n’étaient que faiblement prédictives de l’apparition de ce type de douleurs de la face (Von Korff et al., 1990).
Dans l'approche psychologique des syndromes douloureux des Dysfonctions Cranio Mandibulaires il ne faut pas non plus négliger la présence de pathologies chroniques existante induisant une plus grande somatisation.
Dans l'étude de DWORKIN SF, MASSOTH DL (3) les troubles de l'articulation temporo-mandibulaire (DCM) sont examinés sous l'angle bio-psycho-social ou d'une maladie psychosomatique. La pathogénie des DCM est étudiée en mettant l'accent sur le fait que les douleurs chroniques qu'elle présente sont associées à tout un ensemble de douleurs chroniques dites communes. Les DCM sont à placer dans le même modèle bio-psycho-social utilisé pour étudier et gérer toutes les conditions de douleurs chroniques dites communes. Dans le concept de la dysfonction associée à des douleurs chroniques, les recherches sur ce type de douleur et les façons de la gérer sont passées en revue de façon critique. La plupart des patients gérent leurs douleurs chroniques d'une façon à peu près adaptative vis à vis de leurs fonctions psycho-sociales. Par contre une partie de cette population présentant des douleurs chroniques associées à des troubles psycho-sociologiques apparaît comme incapable de faire face de façon aussi positive et présente des taux plus élevés de dépression, de somatisation et de recours aux soins, même si ces individus ne sont pas différents de ceux qui n'ont pas de dysfonction sur la base de l'observation de la pathologie organique.
Si l'on peut admettre la corélation Stress / Douleurs (avec ou sans pathologies chroniques associées) et l'existence de douleurs psychogènes peut ont affirmer pour autant que les douleurs oro-faciales puissent être associées à un facteur psychologiques tels sur des souvenirs douloureux ?
Dans son étude clinique de 1994, Hapak L. et al (6) a fournis à ses patients un auto-questionnaire composé de 21 questions, de diagrammes de localisation de la douleur principale et d'une échelle de douleur digitale a été utilisé de manière prospective pour répartir 92 patients en trois catégories : musculoligamentaires (DTM), dentoalvéolaires et neurogènes (migraines, névralgies essentielle du V, céphalées de type tensives, algies vasculaires de la face et douleurs faciales atypiques). La sensitivité, la spécificité ainsi que les caleurs prédictives positives et négatives suggèrent que ce questionnaire pourrait avoir un usage reproductible pour identifier des patients présentant des douleurs oro-faciales qui correspondraient aux catégories ci-dessus, sans connaissance préalable du diagnostic clinique.
Les résultats enregistrés à l'aide de l'échelle de la douleur digitale montrent que le niveau douloureux ne peut pas être corrélé à un type particulier d'algie, mais lorsque l'on utilise cette échelle pour décrire une expérience douloureuse passée, les patientes neurogènes sélectionnent les plus hautes valeurs 6 fois plus souvent que les patients musculoligamentaires et dentoalvéolaires. Les patients musculoligamentaies et dentoalvéolaires sélectionnent les plus basses valeurs 15 fois plus souvent que les patients neurogènes. Bien que ce questionnaire puisse être utilisé pour une catégorisation initiale de la douleur, il ne peut jamais se substituer à un historique exhaustif et un examen clinique.
En conclusion (2), l’existence d’une relation causale systématique entre les facteurs psychologiques ou émotionnels, les traits de personnalité ou un quelconque événement de vie et la présence d’une douleur oro-faciale idiopathique est loin d’avoir été complètement démontrée même si les facteurs psycho-sociaux (stress...) peuvent prédisposer certains individus à développer des douleurs (Okeson, 1996). Ils peuvent aussi constituer des facteurs d’entretien de douleurs déjà établies. Les douleurs psychogènes existent (Dworkin, 1992), mais elles sont rares, et leur diagnostic est un diagnostic d’élimination ne pas oublier aussi que des troubles psychologiques pourraient être dans de nombreux cas, la conséquence et non la cause de la
douleur (7).
Le cas général étant mieux illustré par l’affirmation de Gamsa (Gamsa, 1994), “ ...psychisme et soma ne fonctionnent pas comme des entités isolées... chacun jouant un rôle complémentaire dans l’étiologie de la douleur ”.)

1) J Orofacial Pain 1993;7(1):15-22)
(2)ALGIES OROFACIALES IDIOPATHIQUES : ENTRE DENI ET REALITE A. Woda Version du 23 mai 2001
(3)J Prosth Dent 1994;72(1):29-38,
(4) Eli et al., 1994 ; Rojo et al., 1994 ; Van der Ploeg et al., 1987 ; Zilli et al., 1989
(5)Eli et al., 1994; Rojo et al., 1994; Van der Ploeg et al., 1987; Zilli et al., 1989; Browning et al., 1987). Rojo et al. (Rojo et al., 1994)
(6) J Orofacial Pain 1994;8(1):357-368 Hapak L. et al
(7) Gamsa, 1994.
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